Augmenter la caution des élections

29 août 2018

ARGUMENTS CROISES DES ACTEURS POLITIQUES

Le parlement béninois se prépare à adopter un nouveau Code électoral. La commission des lois a déjà adopté la proposition. La plénière s’y penchera bientôt. Mais en attendant, le contenu divise les acteurs politiques notamment sur la question de l’augmentation des cautions. Pour les législatives, la caution est portée de 8,3 à 200 millions de FCFA par liste. Pour la présidentielle, elle est portée de 15 à 250 millions de FCFA. Une augmentation qui est au cœur de la polémique depuis quelques semaines.

Fin des aventures solitaires et fantaisistes

Pour le Bloc de la Majorité parlementaire, cette proposition vise à décourager les candidatures fantaisistes. Aussi, pensent-ils que le contexte a changé, étant donné qu’avec la nouvelle charte des partis politiques, le Bénin est passé de l’ère des « micros-partis » à celle des « grands partis ». Ils pensent donc que le regroupement des partis devrait se matérialiser par une mutualisation des moyens. Mieux, la nouvelle charte des partis politiques promeut le financement public des partis. Enfin, le BMP estime que le paiement de la caution ne revient pas aux individus mais plutôt aux partis politiques. Autant d’arguments rejetés par l’opposition.

L’opposition sur la défensive

Dans le rang de l’opposition, cette augmentation de la caution ne parait pas admissible. Elle est considérée comme un instrument d’élimination de potentiels candidats devant concurrencer les actuels occupants des sièges du parlement. En plus, l’opposition décèle à travers cette augmentation, la promotion d’une démocratie censitaire marquée par la remise du pouvoir aux plus riches.

Les jeunes écartés… ?

Ils sont presque unanimes dans leur rejet de cette disposition de la proposition de code électoral. De l’opposition comme de la mouvance présidentielle, ils considèrent le relèvement de la caution comme un moyen pour leurs aînés de les écarter de la course aux prochaines élections.